Colère Atomique

Je vais reprendre, une fois n’est pas coutume, la célèbre lapalissade de Pierre Dac qui écrivait : « lorsque les bornes sont franchies il n’y a plus de limite » que j’appliquerai cette fois aux deux députés Hervé Mariton (Dôme) et Marc Goua (Maine-et-Loire) auteurs du projet de rapport « sur le coût anticipé de la fermeture de la centrale de Fessenheim » présenté ce jour, mardi 30 septembre 2014 devant la commission des finances.

 
Sur la base d’un arrêt de la centrale d’ici fin 2016, nos députés débonnaires nous assènent tout simplement qu’en dehors des coûts de son démantèlement, l’arrêt de la centrale coûterait au contribuable français la somme de 5 milliards d’Euros pour … payer à EDF le montant des indemnités que cette dernière serait en droit d’obtenir devant un tribunal suite à cette fermeture « anticipée » !!!!!!

Là, si vous êtes comme moi, le souffle vous manque, les bornes de la connerie (désolé, je ne suis pas souvent vulgaire) sont franchies et plus rien ne nous retient.

Alors, corrigez moi si je me trompe, mais cette centrale, mise en service en 1977, dont la durée de vie prévue était de 40 ans, a bien été financée par EDF, à l’époque propriété à 100% de l’état Français ?

Et même si le capital d’EDF a été ouvert en 2004 au privé de façon symbolique pour répondre au diktat de l’Europe, l’état en reste propriétaire à 84,49 %.
Cette centrale et EDF appartiennent donc à l’état français, il n’est donc pas question de payer quoique ce soit à qui que ce soit pour cet arrêt.

Par ailleurs, dites-moi que je rêve quand je me souviens avoir entendu maintes fois que le prix de l’electricité que nous payons depuis le début du nucléaire français permettrait également de faire des provisions pour son démantèlement ? Et qu’il y a peut-être encore des prêts qui courent et dont nous payons les intérêts ? Il n’est donc pas non plus question de coûts de démantellement pour le contribuable.

Je me demande donc, à qui on va faire avaler cette couleuvre nucléaire ? À vous ? Pas à moi en tout cas.
Et si cette ineptie venait à se vérifier, je ferais immédiatement partie de ceux qui demanderaient la renationalisation immédiate de la compagnie avec un grand pied de nez à l’Europe.

Redevenons sérieux, il y a du pain sur la planche, nous devons prendre le chemin de la fermeture à long terme de toutes ces bombes à retardement. Le Président s’est engagé à réduire de 75% à 50% la contribution du nucléaire dans l’électricité française d’ici 10 ans et nous nous sommes engagés à réduire notre consommation d’autant. C’est le moment de réaliser ses promesses.

Et cela devient urgent, la plus grosse inquiètude venant du virage à 180 degrés des communiquants d’EDF et de certains politiques qui commencent à aborder le sujet des accidents nucléaires en les banalisant, transformant les catastrophes potentielles en accidents économiques qui coûteraient x % du PIB, parlent de plan de gestion de crises, de déplacements de populations, de financement des dépollutions, etc 
La vie n’est pas à vendre, pas chez nous en tout cas, circulez, fermons ces usines de mort.
Pour vous faire très peur, je vous propose de lire le dossier spécial sur ce sujet dans le numéro 1164 de septembre 2014 de Sciences & Vie ainsi que l’inénarrable papier des Dernières Nouvelles d’Alsace en date du 30 septembre, dans lequel vous apprendrez   les procédés utilisés par nos deux comparses députés pour aboutir à leur conclusion.

Allez, courage, fuyons !

Egavar

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